Dans le cadre de la résidence artistique deClio Van Aerde pour son projet " Dissident Brooms", la Kulturfabrik vous invite à une table ronde qui interroge les positions que l'art peut avoir face aux exploitations du monde du travail. La table ronde sera suivi de la projection du court-métrage “Obstructions" de Paul Heintz.
Que reste-t-il invisible dans les systèmes de travail aujourd’hui ?
La machinerie capitaliste occulte plusieurs dimensions essentielles propre qu travail : le temps de déplacement, l’investissement émotionnel, la charge mentale ainsi que l’endurance physique et psychique propre au travail manuel.
En abordant le travail comme un système de pouvoir, les projets présentés revisitent les définitions conventionnelles de la productivité et du travail qualifié, et ouvrent une réflexion sur le rôle de l’art comme outil d’enquête et de résistance, capable de rendre visibles des formes d’exploitation et d’illustrer et imaginer d’autres manières de penser et représenter le travail.
Jessica Lopes, Clio Van Aerde et Charl Vinz ont tou·tes exploré le travail comme une structure où des rapports de force et de pouvoir résident. Il·elles ont mis en lumières les injustices qui découlent de l'organisation du travail et des systèmes de production à travers leurs œuvres. Réunissant ces artistes issu·es de différents millieux comme le théâtre, la performance, les arts visuels, la bande dessinée et l’écriture, cette table ronde mettra en lumière des expériences du monde du travail qui nourrissent leurs démarches artistiques.
Dans une usine à l’arrêt, un groupe de travailleurs est réuni sur un espace scénique pour créer une chorégraphie ensemble. Cette chorégraphie prend pour point de départ un ensemble d’archives de grèves ouvrières par « l’obstruction ». Cette technique de grève consiste pour le travailleur à continuer à oeuvrer en ralentissant la cadence ou à appliquer le protocole à la lettre, afin de diminuer le rythme du travail, limiter la production.
Alors qu’un ralentissement insaisissable va contaminer l’ensemble de l’usine, les ouvriers partagent leur combat récent et leurs propres techniques de résistance passive. L’obstruction gagne du terrain. Les archives qui sont le point de départ de ce travail artistique ont été réunies dans une partition plastique et textuelle préalablement composée par l’artiste sous le titre Partition Obstruction.